Les cochenilles sont des insectes piqueurs-suceurs qui se nourrissent de la sève du figuier. Sur le figuier, on rencontre surtout la cochenille cireuse (Ceroplastes rusci), reconnaissable à ses amas de cire blanche à grisâtre, et des cochenilles farineuses, recouvertes d’un duvet cotonneux.
Pourquoi le moment du traitement est essentiel
La cochenille vit en deux temps. Au stade de larve mobile, elle est fragile et se déplace sur l’arbre. Une fois fixée, elle sécrète une carapace de cire qui la protège des produits de contact. Traiter pendant la carapace revient à arroser un imperméable. Il faut donc viser soit la période de larve mobile, soit l’hiver, quand l’arbre est sans feuilles.
Reconnaître l’infestation
- Amas ou boucliers cireux blancs à gris, fixés sur les rameaux et sous les feuilles.
- Miellat : dépôt collant sur les feuilles et sur ce qui se trouve dessous.
- Fumagine : voile noir de champignon qui se développe sur le miellat.
- Fourmis actives sur les branches.
- Affaiblissement : feuilles ternes, pousses réduites en cas de forte infestation.
Le calendrier de lutte
| Période | Geste | Pourquoi |
|---|---|---|
| Hiver (arbre sans feuilles) | Brosser, retirer les rameaux très atteints, inspecter | Les cochenilles fixées sont visibles et accessibles |
| Fin d’hiver | Traitement hivernal à l’huile blanche, si autorisé | L’huile asphyxie les cochenilles fixées avant la reprise |
| Début d’été | Surveiller l’éclosion et la sortie des larves mobiles | Phase fragile : fenêtre d’action maximale |
| Été | Lutte mécanique, auxiliaires | Éviter les traitements sur un arbre en fruits |
| Automne | Ramasser les feuilles, nettoyer le sol | Limiter les sources de réinfestation |

Que faire, par ordre de priorité
- Lutte mécanique. Brossez les boucliers avec une brosse souple trempée dans de l’eau savonneuse, ou grattez-les. C’est suffisant pour un petit arbre ou une infestation limitée.
- Taille sanitaire. Supprimez et évacuez les rameaux très atteints, loin de l’arbre. N’en faites pas du compost chaud insuffisant. Voir tailler un figuier pour ne pas sacrifier la récolte.
- Huile blanche en fin d’hiver, si le produit est autorisé aux amateurs. Elle agit par asphyxie et vise les formes fixées. Lisez les conditions d’emploi sur e-phy.
- Auxiliaires. Des prédateurs spécialisés existent, notamment contre les cochenilles farineuses, dans des conditions de température adaptées. Ils sont plus efficaces sur un arbre en pot ou sous abri.
- Gestion des fourmis. Sans elles, les cochenilles perdent leur protection : un anneau-barrière sur le tronc limite leur accès.
Ne traitez pas par réflexe
Les produits phytosanitaires évoluent et leur autorisation change régulièrement. Vérifiez toujours le statut et les conditions d’emploi avant d’acheter. Sur un arbre en fruits, privilégiez les méthodes mécaniques.
Un feuillage jaune ou un dépôt noir n’est pas toujours dû à une cochenille : consultez feuilles de figuier jaunes. Si les fruits tombent avec des larves, voir mouche noire du figuier.
Questions fréquentes
La fumagine est-elle une maladie du figuier ?
Elle est surtout une conséquence : un champignon noir qui se développe sur le miellat sucré excrété par les cochenilles. Traiter la fumagine seule est inutile ; il faut supprimer la source de miellat.
Pourquoi y a-t-il des fourmis sur mon figuier ?
Elles « élèvent » les cochenilles pour récolter leur miellat et les protègent de leurs ennemis naturels. Des fourmis en grand nombre sont souvent un indice de cochenilles.
Peut-on traiter pendant la récolte ?
Évitez tout traitement sur un arbre en fruits. Les traitements se font plutôt hors saison de production, en respectant les conditions d’emploi des produits autorisés. Vérifiez sur e-phy (ANSES) les produits autorisés aux jardiniers amateurs.
Les cochenilles font-elles mourir un figuier ?
Rarement sur un arbre adulte et sain. Une forte infestation affaiblit l’arbre et dégrade les feuilles et les fruits, ce qui justifie d’agir.
