En bref
- Un drageon naît sur une racine, tandis qu’un rejet pousse sur la souche ou la tige du figuier.
- Choisissez une pousse déjà enracinée et prélevez-la pendant le repos végétatif, hors période de gel.
- Gardez un maximum de radicelles, replantez sans attendre et arrosez sans détremper le sol.
Un drageon de figuier peut être séparé du pied mère et replanté s’il possède déjà ses propres racines. Prélevez-le lorsque l’arbre est au repos, hors gel, en conservant une motte autour des radicelles. La nouvelle pousse reproduit la variété du figuier d’origine : vérifiez donc que celui-ci donne des fruits comestibles.
La distinction entre drageon et rejet suit la terminologie exposée par Jardin Secrets dans sa page sur les techniques de séparation, publiée le 8 novembre 2014. Les indications ci-dessous concernent le figuier comestible cultivé par un particulier, au jardin ou en pot.
Comment reconnaître un drageon de figuier avant le prélèvement ?
Un drageon se développe à partir d’une racine du figuier, parfois à distance du tronc. Un rejet, au sens botanique, naît plutôt sur une tige ou à la base de la souche. Dans le langage courant, les deux mots désignent souvent les pousses visibles au pied de l’arbre ; pour les prélever, repérez surtout leur point d’attache.
Dégagez la terre progressivement avec une petite pelle, sans tirer sur la pousse. Le lien avec la racine mère doit apparaître avant toute coupe. Vérifiez ensuite la présence de racines fines autour de la base : une pousse dotée de radicelles a davantage de chances de reprendre qu’une tige sans enracinement propre.
La multiplication par drageon conserve les caractères de la plante mère. Elle ne transforme pas un figuier qui produit des fruits médiocres en variété de qualité. Elle conserve aussi son mode de fructification : si le pied mère est unifère ou bifère, le nouveau plant gardera ce comportement variétal.
La page de Jardin Secrets consacrée aux rejets, drageons et stolons distingue ces pousses selon leur origine et recommande de préserver leurs racines lors de la séparation. Pour un figuier, ne confondez pas une pousse issue d’une racine avec une branche basse simplement couchée vers le sol.
À quelle période séparer et replanter le drageon ?
Choisissez le repos végétatif, lorsque le figuier a perdu ses feuilles, et intervenez hors gel. La séparation provoque une perte de racines ; l’absence de feuillage limite alors la demande en eau de la partie aérienne. La page de Jardin Secrets indique l’automne ou l’hiver pour un drageon destiné à être déplacé, mais ne donne pas de calendrier propre au figuier.
Dans un jardin où les hivers sont rigoureux ou le sol reste détrempé, attendez une période où la terre se travaille sans être gelée ni saturée d’eau. Replantez aussitôt après le prélèvement : les radicelles exposées au vent et au soleil se dessèchent rapidement. Si l’emplacement définitif n’est pas prêt, installez provisoirement le plant dans un pot propre et percé, avec un substrat drainant.
La transplantation directe convient à une pousse vigoureuse, bien enracinée et transportée avec sa motte. Un drageon chétif ou doté de peu de racines sera plus facile à surveiller en pot, à l’abri des fortes gelées et du dessèchement. Évitez toutefois de le maintenir longtemps dans un contenant trop petit : les racines du figuier ont besoin d’espace pour se développer.
Pour une autre multiplication végétative, le repérage des pousses au pied du figuier permet de distinguer celles que vous souhaitez conserver de celles qui encombrent la base. Le bouturage reste une méthode différente : une bouture est prélevée sur un rameau, tandis qu’un drageon dispose déjà d’un lien racinaire avec l’arbre mère.
Comment prélever le drageon sans trop abîmer les racines ?
Préparez une bêche étroite ou un sécateur propre et bien affûté. Portez des gants : le latex blanc qui s’écoule des tissus coupés peut irriter la peau. Dégagez la terre autour de la pousse jusqu’à voir la racine qui la relie au figuier, puis repérez les radicelles attachées au drageon.
- Dégagez la zone au repos végétatif, en retirant la terre à la main ou avec un outil étroit pour éviter de trancher les petites racines.
- Sectionnez la racine mère proprement, entre le pied et le drageon, sans arracher la pousse ni déchirer les radicelles conservées.
- Soulevez une motte généreuse sous le plant. Gardez les racines à l’ombre et replantez-les rapidement, sans les laisser sécher.
- Réduisez seulement les parties cassées avec un outil propre. Une taille sévère de la partie aérienne n’est pas nécessaire si le drageon est petit et bien proportionné à ses racines.
Le geste essentiel est de couper le lien avec l’arbre mère, pas d’arracher la pousse. La méthode décrite par Rustica pour prélever des drageons insiste également sur le dégagement de la base avant la séparation. Sur un figuier, procédez avec prudence : une racine importante peut s’étendre bien au-delà du pied visible.
Comment réussir la replantation en pleine terre ou en pot ?
Choisissez un emplacement définitif adapté à la taille adulte du figuier et à l’ensoleillement disponible. Le jeune plant doit disposer d’un sol drainé ; une terre constamment détrempée fragilise ses racines. Creusez un trou assez large pour étaler la motte sans la comprimer, puis installez le collet au niveau du sol.
Comblez avec la terre extraite et tassez doucement autour de la motte pour supprimer les grandes poches d’air. Arrosez généreusement juste après la plantation, puis maintenez le sol frais sans l’imbiber en continu. Un paillage peut ralentir le dessèchement, à condition de ne pas être plaqué contre la base des tiges.
En pot, choisissez un contenant percé et suffisamment spacieux pour accueillir les racines conservées. Le drainage doit permettre à l’eau excédentaire de s’écouler ; ne laissez pas le pot baigner dans une soucoupe pleine. Placez temporairement le plant dans une situation lumineuse, en évitant les fortes chaleurs après le prélèvement.
| État du drageon | Choix de replantation | Surveillance après plantation |
|---|---|---|
| Pousse vigoureuse avec plusieurs racines fines | Plantation directe en pleine terre si l’emplacement est prêt | Contrôler l’humidité du sol et l’apparition de nouvelles pousses |
| Pousse petite ou peu enracinée | Mise en pot provisoire, dans un substrat drainant | Éviter le dessèchement et l’excès d’eau |
| Racines abîmées ou motte fortement réduite | Pot de reprise, sans exposition brutale au soleil | Attendre une reprise visible avant toute nouvelle transplantation |
Ce tableau reprend des critères pratiques de vigueur et de conservation des racines ; il ne constitue pas un délai garanti de reprise. La croissance dépend notamment de l’état initial du drageon, du sol et des conditions météo.
Que faire si le drageon ne repart pas après la transplantation ?
Une absence de feuilles immédiatement après la replantation ne suffit pas à conclure à l’échec. Le prélèvement a pu réduire l’alimentation en eau de la partie aérienne, tandis que les racines doivent se rétablir. Vérifiez que le sol reste frais, que l’eau s’évacue et que le plant n’a pas été déplacé à nouveau.
Si les tiges se dessèchent, ne compensez pas par des arrosages répétés sans vérifier l’humidité de la terre. Un sol détrempé peut asphyxier les racines fragilisées. Évitez également les apports d’engrais concentré au moment de la transplantation : ils ne remplacent pas les radicelles perdues et peuvent accentuer le stress du plant.
Un drageon isolé peut aussi être trop jeune ou avoir été séparé sans racines suffisantes. Dans ce cas, la mise en pot facilite le contrôle de l’arrosage et permet de limiter les déplacements. Les conseils de prélèvement de drageons au verger rappellent l’intérêt de dégager le départ de la pousse avant de trancher la racine.
La reprise se vérifie par un bourgeonnement ou une croissance nouvelle, et non par le seul maintien temporaire des feuilles existantes. Tant que ce signe n’apparaît pas, gardez le substrat légèrement humide et évitez une nouvelle transplantation.
Un drageon de figuier donnera-t-il la même variété que le pied mère ?
Oui, un drageon issu d’une racine reproduit les caractères variétaux du figuier d’origine. Il conserve aussi son mode de fructification.
Peut-on replanter un drageon sans racines ?
Une pousse sans racines propres a peu de chances de reprendre comme drageon. Préservez les radicelles au prélèvement ; le bouturage d’un rameau est une méthode distincte.
Faut-il couper les feuilles avant de replanter ?
Ne supprimez pas systématiquement la partie aérienne. Retirez seulement les éléments cassés ou desséchés, en évitant une taille excessive qui réduirait les réserves du jeune plant.
Comment savoir si la transplantation a réussi ?
Un nouveau bourgeonnement ou une pousse fraîche indique une reprise. Maintenez une humidité régulière, sans détremper le sol, et évitez de déplacer de nouveau le plant.
Le dossier complet Bouture de figuier : prélever, préparer et faire raciner
